Au fil du projet

  • 09 02 2015

    Rénovation de bureaux : certains l'ont déjà fait!

    Au menu du groupe-projet en cette rentrée 2015, deux retours d'expériences riches en enseignements.

     

    Vincent Braire, de Pouget Consultants, s'est fait écho du projet MC2, porté par trois entreprises (Pouget Consultants, Magnum architectes et urbanistes, Gestionbat) pour la réhabilitation d'un bâtiment tertiaire en BEPOS dans l'hypercentre de Nantes. Le projet a nécessité des travaux de gros oeuvre et comprenait une création de surfaces.

    La seconde expérience est celle de Vincent Lesage, dirigeant de l'entreprise SNPR, qui a souhaité rénover ses locaux de bureau dans une démarche durable. Le scénario, proposé par le bureau d'étude Post Carbone, et retenu par l'entreprise, a permis d'atteindre l'objectif d'un bâtiment positif, avec une enveloppe financière calculée.

     

    Ces deux projets ont pour point commun la volonté des entreprises maitres d'ouvrage à disposer d'un site vitrine pour illustrer leurs compétences professionnelles, toutes dans la filière bâtiment. Dans les deux cas, les porteurs de projet ont développé une démarche empirique pour atteindre leurs objectifs. Les retours d'expérience sont en effet encore assez rares, et il n'est pas toujours possible de s'y appuyer lorsqu'une difficulté se présente.

    Le groupement de maitres d'ouvrage portant le projet MC2 à Nantes a souhaité le labelliser BEPOS pour alimenter en retour d'expérience la dynamique nationale portée par Effinergie.Quant aux travaux à la SNPR, ils ont permis d'identifier des améliorations à apporter pendant des travaux sur site occupé, et de se mettre à la place des clients de l'entreprise. Le bâtiment rénové a été inauguré à l'occasion des 40 ans de la SNPR.

     

    Les échanges en fin de séance ont mis en exergue les problématiques de financement de tels projets, et la difficulté d'estimer la valeur patrimoniale après travaux. L'accompagnement de Post Carbone, par un travail d'enquêtes, des fiches actions, et  des scénarios a permis de diminuer fortement ces inconnues.

    D'autres problématiques abordées sont plus globales , comme la question des macro-lots, l'évolution des métiers avec la généralisation du BIM (building information modeling), la difficulté pour la chaine de valeur de contrôler et d'assurer les résultats, ou encore le calcul de l'énergie grise. Elles seront l'occasion d'autres échanges dans les mois à venir pour le groupe-projet.

     

  • 08 01 2015

    Document de synthèse sur les enjeux énergétiques dans le tertiaire de bureau

    Le groupe projet  "Tertiaire de bureau et rénovation énergétique" a publié une note en novembre sur les questions de rénovations du bâti appliquées à l'immobilier de bureau. L'essentiel de la démarche est synthétisé dans ce document de 4 pages.

    Ce document synthétise la démarche menée par le CODESPAR depuis juin 2013, sur un des enjeux clés de la transition énergétique : l'amélioration énergétique du bâti existant et plus particulièrement au niveau du tertiaire de bureau. Les premières propositions suggèrent :

    • d'aller au-delà de la rénovation de l’enveloppe extérieure
    • de construire un audit de départ plus structurant
    • de développer les 3C : Confiance - Compétence - Contrôle

     

    Le bilan de cette première année de travail se trouve dans la note sur les "enjeux et propositions pour l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments : application à l’immobilier de bureau" et l'essentiel dans ce document de 4 pages.

  • 18 12 2014

    Peut-on modéliser les comportements pour une meilleure efficacité énergétique ?

     

    Le 11 décembre à Paris, s’est tenu un atelier sur « la recherche appliquée en sciences humaines et sociales et l’acceptabilité du développement durable ». 

     

     

    Une approche psychosociale dans un nouveau bâtiment tertiaire à énergie positive

    L’une des études portait sur un bâtiment qui a bénéficié d’une très grande communication en amont autour de ses qualités de bâtiment nouvelle génération et de ses innovations énergétiques. Ce grand ‘coup de pub’ a donc mis la barre très haute quant aux attentes des usagers à leur arrivée dans ces locaux : ils ont été très exigeants et donc sévères.

    Pour beaucoup, la notion de bâtiment durable était fortement associée à la notion de verdure. Il s’agit d’une représentation sociale assez fréquente. Malheureusement le bâtiment a été construit dans un quartier d'affaires, … sans verdure.

    Par ailleurs, le bâtiment a été conçu à haute efficacité énergétique et non comme un bâtiment à haute qualité environnementale. Pour beaucoup, ces objectifs d'économie d'énergie sont aux dépends du confort des occupants. Les usagers ont vu une forte incohérence entre le fait que le bâtiment soit justement conçu et pensé dans une optique d’économie d’énergie mais qu’il ne prenne pas en compte les aspects d’une construction dite « durable », comme les déplacements (seulement 10 places de vélo) et le tri du papier oublié.

    L’automatisation de tout le bâtiment (lumière, chauffage, aération) a été mal vécue. L'individu ne peut plus agir sur son environnement. Il ne peut pas éteindre la lumière en sortant de son bureau, réflexe pourtant acquis chez lui en quittant une pièce. Comme tout est automatisé, il devient difficile d'agir sur le comportement. Cette automatisation n’enlèverait-elle pas une part de responsabilité à l'être humain ?


    Cet exemple montre le décalage entre les attentes de l’usager et l’usage du bâtiment. Mais lorsqu’il est amené à comparer cet usage à celui de ses précédents bureaux, l’usager convient que ce bâtiment est beaucoup plus satisfaisant.

    De nombreuses études montrent que pour le bien-être des individus il faut leur laisser une marge de manœuvre. Si l'on automatise, il faut donner à l'homme une télécommande pour qu'il puisse encore avoir la main dessus et agir.

     

    Quel est l’impact de nouveaux logements écologiques sur les comportements des habitants ?

    Parmi les constats, nombreux sont ceux qui infirment les travaux du groupe projet du CODESPAR sur les nouveaux besoins dans le cadre de la rénovation énergétique du tertiaire de bureau.

    Malgré une grande pédagogie mise en place pour certains bâtiments et une sensibilisation aux différentes étapes de la prise en main des lieux (remise des clés, réunion de sensibilisations etc.), les sociologues ont pu remarquer que les innovations ont été détournées voire bricolées engendrant une certaine contre-productivité. Par exemple :

    • les habitants ne suivent pas les consignes, ils préfèrent inventer
    • l'inconfort thermique pousse à une surconsommation énergétique en utilisant des convecteurs l'hiver ou la clim l'été

    Suite à ces enquêtes, le bailleur a renforcé l'accompagnement pour réduire le décalage entre la technique et son utilisation.

    Il semble donc nécessaire :

    • au niveau d'une copropriété, d'avoir un leader, porteur du projet et impliqué dans la cause énergétique ou environnementale.
    • de développer de nouvelles compétences et de nouveaux métiers comme un assistant à maitrise d'usage ("AMUsage" nom du réseau créé), pour prendre en main le bâtiment. Cet "amusage" serait en charge de l’animation, de transmettre les bonnes pratiques et d’écouter pour adapter.
    • de s’approprier les technologies et non leur efficacité
    • de regarder les performances d'usage et non les performances énergétiques
    • et enfin de développer de nouvelles méthodes de conception des bâtiments qui intègrent l’usage.

     

    Intervenants : Gaëtan BRISEPIERRE, Sociologue indépendant ; Dominique DESJEUX, Professeur d’anthropologie sociale et culturelle à l’université Paris Descartes ; Delphine LABBOUZ- HENRY, Doctorante en psychologie sociale de l’environnement à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense ; Sylvaine LE GARREC, Sociologue-urbaniste ; Chantal DERKENNE, Sociologue à l’ADEME ; Stéphane LABRANCHE Sociologue-politologue ; Vincent RENAULD, Ingénieur-sociologue

    Pour plus d'informations : Réseau Approches Critiques du Développement Durable



Afficher les résultats 28 à 30 sur un total de 48

Projet : Climat énergie